Augmentation des cas de cancer du sein chez les hôtesses de l'air : le rayonnement cosmique joue-t-il un rôle ?
Les hôtesses de l'air sont en moyenne plus souvent touchées par le cancer du sein que les femmes exerçant d'autres professions. Une synthèse de neuf études révèle qu'il y a environ 40 % de cas de cancer du sein en plus chez les membres du personnel de cabine. Les scientifiques ne savent toujours pas exactement pourquoi. Une explication possible réside dans le rayonnement cosmique auquel sont exposées les personnes à bord des avions. Ce rayonnement provient de l’espace et atteint la Terre, mais notre atmosphère en bloque une grande partie. Plus on monte en altitude, plus l’exposition est importante. Les pilotes et le personnel de cabine sont donc exposés à davantage de rayonnement cosmique pendant leur travail que les personnes travaillant au sol.
Un procès qui fait parler de lui
Une ancienne hôtesse de l'air d'Air France, âgée de 59 ans, s'est vu accorder des dommages-intérêts par un tribunal français après avoir affirmé avoir développé un cancer du sein en raison de son travail. Elle avait effectué environ 12 600 heures de vol en 30 ans, dont plus de la moitié lors de vols de nuit. Elle a réussi à convaincre le tribunal, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il ait été prouvé que son cancer du sein ait été causé par le rayonnement cosmique. En effet, un jugement et une preuve scientifique ne sont pas la même chose. Les chercheurs envisagent également d’autres explications possibles au nombre plus élevé de cas de cancer du sein chez les hôtesses de l’air. Le dérèglement du rythme jour-nuit, par exemple. Les vols de nuit, les horaires de travail irréguliers et le franchissement régulier de fuseaux horaires pourraient perturber l’horloge biologique. Une explication plus évidente réside dans le fait que les hôtesses de l’air sont en moyenne plus souvent sans enfant et, lorsqu’elles en ont, elles les ont plus souvent à un âge plus avancé. Les femmes sans enfant et celles qui ont leur premier enfant à un âge plus avancé courent un risque plus élevé de cancer du sein que les autres femmes.
Aucune preuve
À ce jour, aucune de ces hypothèses n’a été prouvée de manière convaincante. Une vaste étude menée auprès de plus de 6 000 hôtesses de l’air n’a par exemple pas mis en évidence de lien entre le cancer du sein et l’exposition estimée aux rayonnements cosmiques. Une autre étude à grande échelle réalisée en 2022 a conclu que ni les rayonnements cosmiques, ni la perturbation du rythme circadien ne permettent d’expliquer de manière satisfaisante le nombre plus élevé de cancers du sein chez les hôtesses de l’air. Il ne reste donc qu’une seule explication : avoir ou ne pas avoir d’enfants. Il est certain que les passagères, même celles qui voyagent fréquemment, ne courent pas un risque accru de cancer du sein en raison du rayonnement cosmique à haute altitude.
Pour en savoir plus




.png)
.png)









.png)















