Informations sur le cancer du sein

Un nouveau test permet de déterminer si la chimiothérapie est utile

Lors d'un congrès international qui s'est tenu à Chicago en mai, une étude a été présentée qui démontre que la chimiothérapie n'est pas toujours nécessaire dans le cas du cancer du sein. Il s'agit d'une étude portant sur un nouveau test prédictif d'expression génique, comme ceux déjà utilisés en Belgique.

Le cancer du sein est généralement diagnostiqué à un stade précoce, sans métastases. Pourtant, une femme ou un homme sur trois connaîtra une récidive à terme. C'est pourquoi, après l'ablation chirurgicale de la tumeur, on procède souvent à un traitement complémentaire par chimiothérapie ou hormonothérapie. Cela permet de réduire le risque de récidive. L'hormonothérapie, mais surtout la chimiothérapie, sont toutefois des traitements lourds. La chimiothérapie entraîne de nombreux effets secondaires, tels que la perte de cheveux, la fatigue et les nausées. Si vous ne deviez jamais faire de récidive, ces traitements n'auraient bien sûr aucune utilité. C'est pourquoi les chercheurs s'efforcent de mieux prédire le risque de récidive. Si ce risque est très faible, vous n'avez pas besoin de subir ce traitement postopératoire lourd.

Calculer le risque de récidive

Il est possible de prédire assez précisément le risque de récidive en se basant sur diverses caractéristiques moléculaires de certains cancers du sein. Ces caractéristiques peuvent être détectées à l'aide d'un test, appelé « test d'expression génique ». Ces tests sont de plus en plus utilisés ces dernières années, y compris dans les centres de sénologie belges. Grâce à ces tests, on administre déjà beaucoup moins de chimiothérapie qu’il y a une dizaine d’années. L’étude présentée à Chicago porte sur l’utilisation d’un tel test chez les personnes atteintes d’un cancer du sein hormono-sensible et HER2-négatif. 4 400 patientes atteintes d’un cancer du sein ont été réparties en deux groupes. Le premier groupe a reçu le traitement standard : chirurgie, chimiothérapie et hormonothérapie. Le deuxième groupe a d'abord été soumis au test d'expression génique : celles présentant un risque élevé de récidive ont reçu la même série de traitements que le premier groupe, mais celles ayant obtenu un score faible n'ont pas reçu de chimiothérapie et ont suivi uniquement une hormonothérapie. Au bout de cinq ans, il n'y avait aucune différence de survie entre les deux groupes : environ 95 % étaient encore en vie. Grâce à ce test, on a pu identifier les patientes présentant un faible risque de récidive et leur épargner la chimiothérapie. Ce nouveau test est prometteur, mais il n’est pas tout à fait nouveau. Bien au contraire. En Belgique, un test d’expression génique similaire est utilisé depuis plusieurs années pour ce même type de cancer du sein : le test Oncotype DX. Celui-ci montre que dans environ 70 % des cas de cancer du sein hormono-sensible et HER2-positif, un traitement adjuvant est superflu, car il n’améliore pas l’espérance de vie par rapport à l’absence de traitement. Ces tests prédictifs sont très utiles pour affiner davantage le traitement du cancer du sein et ne mettre en place que les traitements qui améliorent le pronostic. Grâce à un tel test, un cancer du sein individuel se voit attribuer une sorte d’« identité ». C’est un bel exemple de médecine de précision. C’est bénéfique non seulement pour la patiente, mais aussi pour le budget consacré aux traitements anticancéreux.

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