Témoignage de Maria Thielen (47) : « Je ne me suis pas laisser faire! »

Le 30 mars 2015, j’ai senti un durcissement à mon sein gauche. J’avais alors 45 ans. C’était gros et dur. J’ai pris rendez-vous chez mon gynécologue. A ce moment-là, je ne pensais pas que ce pouvait être un cancer.

 

Ma mammographie a révélé quelque chose de suspect. Et j’ai dû faire une biopsie. Le médecin m’a appris la mauvaise nouvelle par téléphone. A ce moment précis, j’ai eu comme un black-out, je n’arrivais plus à entendre quoi que ce soit. J’ai pleuré et le médecin m’a demandé de venir le voir pour en discuter.

 

Ma première pensée fut: “comment vais-je l’annoncer à mes enfants?”. Je pouvais le faire, mais comment allaient-ils réagir ? J’ai appelé mon mari et nous avons décidé de l’annoncer ensemble aux enfants. Ils ont très bien réagi car ils ont vu que je voulais me battre. Mon mari a été exceptionnel avec moi, et ce durant toute la période.

 

Le 22 avril, le jour de mes 20 ans de mariage, j’avais rendez-vous chez l’oncologue. Au total j’ai eu recours à 16 chimiothérapies néoadjuvantes car la tumeur était agressive. Plus de 5 cm et H2R+. Raison pour laquelle on m’a aussi donné de l’herceptine. Après un peu plus de 4 mois de traitement, j’ai subi une mastectomie. Les traitements étaient très lourds, mais le plus difficile fut la perte d’identité. C’était un sentiment affreux de ne plus se reconnaître. Le peur de mourir était aussi très présente, surtout dans les moments très difficiles. Mais j’ai toujours su que je survivrais.

 

J’étais très triste et dépressive. Je pleurais beaucoup, surtout après avoir rasé mes cheveux. A l’époque, je tenais un journal intime dans lequel j’écrivais mes sentiments, mes douleurs, mes angoisses mais aussi mon espoir. A un moment, j’étais épuisée de chagrin. Mais j’ai aussi vite réalisé que je ne laisserais pas le cancer diriger ma vie. Je me suis donc obligée à sortir, et cela m’a fait beaucoup de bien. J’étais de retour chez mes amis et ma famille, ce qui m’a bien remonté le moral. Et je mentionne d’ailleurs fréquemment dans mon journal que “je vais y arriver.”

 

Cela peut paraître un peu bizarre, mais durant ce long trajet je n’ai jamais eu le sentiment d’être vraiment malade. Etais-je en plein déni? Je ne le sais pas. Ce qui m’importait, c’était de vivre et connaître mes petits-enfants. Je ne voulais pas me laisser abattre. Après ma mastectomie, ma tumeur de 5 cm avait complètement disparu. Mes ganglions étaient sains. Cela m’a beaucoup aidé durant le processus de guérison. D’après l’oncologue, cette réaction à la chimiothérapie est très rare. C’est pour cette raison que je suis convaincue qu’il faut croire en soi.

 

J’ai vraiment eu énormément de chance avec mon entourage qui a été fantastique avec moi et mon mari qui a été extraordinaire. Les messages réconfortants de mes amis m’ont également fait beaucoup de bien. Tout cela m’a beaucoup aidé. Mais au final, c’est surtout grâce au soutien de mon mari et à la force de son amour que je m’en suis sortie.

 

A présent que je suis guérie, la vie me paraît plus belle qu’avant mon cancer du sein. Je ne fais que ce qui me plaît. Et j’en profite pleinement. Je me fais moins de soucis. Je sais aussi que j’ai agi pour guérir et j’ai une plus grande confiance en moi, en dépit du fait que mon corps m’ait trahie. Je fais davantage confiance aux autres. Au bout du compte, j’ai gagné plus que je n’ai perdu.

 

A toutes les amies pour la vie qui sont concernées, soyez gentilles avec vous-mêmes. Il est vrai que tout le monde attendra de vous que vous soyez fortes... mais n’oubliez pas que vous pouvez aussi avoir vos moments de faiblesse. Il faut en effet aussi, durant les moments difficiles, pouvoir pleurer et exploser. Du moment que vous retrouviez votre force juste après. Par ailleurs, vous devez aussi faire des choses qui vous font du bien et qui vous aident à affronter ces moments pénibles. De sorte à ce que vous puissiez dire à cette sale maladie: C’est moi qui ai gagné! Pas toi!”.